Des forêts en libre évolution, toujours plus de biodiversité
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Le projet de territoire inscrit dans la charte du Parc naturel régional des Vosges du Nord fixe comme objectif « d’améliorer le degré de naturalité » des forêts et de développer des corridors écologiques notamment dans le massif forestier.
Une sylviculture ambitieuse au service de la biodiversité
Afin de mettre en œuvre ces objectifs, le Parc travaille au quotidien en partenariat avec tous les propriétaires et gestionnaires de forêts pour une sylviculture ambitieuse favorisant une pleine expression de la biodiversité forestière de la manière suivante :
- Laisser une part significative de bois mort au sol et les arbres morts débout,
- Privilégier le développement des gros bois et des très gros bois (arbres de plus de 70 ou 90 cm de diamètre),
- Conserver entre 3 et 5 arbres porteurs de dendromicrohabitats par hectare,
- Gérer avec précaution les lisières et les abords des routes forestières en intégrant le cycle de reproduction des espèces protégées.
Cette gestion intégrée des forêts vise à trouver un bon équilibre entre la nécessaire économie du bois et l’indispensable développement du vivant. Cependant bon nombre d’espèces d’insectes, de champignons, de mousse, voire de lichens sont intimement liés aux vieilles forêts et leur préservation ou leur retour au sein des forêts nécessitent des densités de micro-habitats et des volumes de bois mort qu'il est impossible de maintenir dans des forêts exploitées.
La libre évolution : laisser la nature suivre son cours
Maintenir un réseau interconnecté de surfaces forestières sans intervention est bien souvent la seule manière de conserver des centaines d’espèces qui sont dépendantes des phases de maturité extrême de la forêt. Le Parc naturel régional des Vosges du Nord et ses partenaires encouragent donc les initiatives en faveur de la libre évolution, c’est-à-dire, laisser la nature suivre son cours sans intervention humaine. Cela permet aux forêts de se régénérer, d’évoluer et de se transformer selon leurs propres dynamiques internes. Cette approche peut sembler radicale dans un contexte où la gestion active des forêts est souvent la norme, mais elle permet aux forêts de produire de nombreux services environnementaux qui seront notre assurance vie dans les décennies à venir.
Un réseau d’îlots de sénescence à développer
L’objectif que le Parc et ses partenaires se fixent est de pouvoir mailler la matrice forestière du territoire de multiples îlots de libre évolution, encore appelés îlots de sénescence, de taille significative formant autant d’oasis qui permettent le repos, la reproduction et le déplacement des espèces forestières les plus exigeantes en matière de qualité écologique des habitats.
A ce jour, près de 1 900 ha de forêts sont dédiées volontairement à la libre évolution dans ces forêts : réserves forestières intégrales, îlots de sénescences ou parcelles laissées « hors sylviculture » au sein des aménagement forestiers car abritant des enjeux écologiques spécifiques (zones humides, ravins, bord de ruisseau…).
Ce réseau ne représente que 2,3 % de la surface occupée par la forêt au sein du Parc et n’est pas encore suffisant pour constituer une trame réellement interconnectée de « forêts sanctuaires ».