Actualité

10 Fév. 2017

Trois questions à Stéphan Arnassant

Responsable du pôle Biodiversité et patrimoine naturel au Parc naturel régional de Camargue

 

Partenariat international avec la réserve du delta du Danube :
« Des actions seront engagées dès cette année »

 

Comment est née l’idée d’un rapprochement entre la Réserve de biosphère de Camargue et celle du delta du Danube en Roumanie?

Les deux grands deltas de Méditerranée occidentale et de Mer noire avaient déjà envisagé une coopération dans les années 90, en lien avec la Convention de Ramsar sur les zones humides. L’absence de moyens n’avait alors pas permis de concrétiser les premiers contacts initiés par le ministère de l’Environnement. En 2015, la fondation Veolia, notre mécène, nous propose de participer à un évènement dans le delta du Danube, où elle soutient les projets d’assainissement et de gestion de l’eau. Les contacts pris alors entre nos deux institutions ont mis en évidence l’intérêt de formaliser une nouvelle coopération, facilitée par l’appui financier de la fondation Veolia et l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne.

 

Comment vos projets de coopération s’inscrivent-ils dans les enjeux et objectifs des réserves de Biosphère?

Les deltas du Rhône et de Camargue ont en commun une forte imbrication d’enjeux naturels et environnementaux avec les activités humaines traditionnelles (élevage, saliculture, récolte du roseau, pêche, chasse, agriculture…). Cette conciliation entre « nature et homme » est le cœur des enjeux des Réserves de biosphère. La Camargue, dans un contexte d’endiguements et de forte maitrise hydraulique, ne doit sa diversité biologique entre eaux douces et eaux salées qu’aux fragiles équilibres entre les activités humaines (apport d’eau douce du Rhône pour l’agriculture et la chasse, apport d’eau de mer pour la saliculture). Le delta du Danube est encore moins anthropisé, car non endigué sur la majeure partie de sa surface. Pour autant, le poids socio-économique de la pêche et de la récolte du roseau est un élément important de la préservation de l’écosystème. La diversité des activités humaines est la garantie de la conservation des milieux naturels, dès lors que les activités restent maitrisées…
A ces enjeux communs entre les deux territoires s’ajoute celui d’un développement touristique durable afin de limiter les risques liés à la surfréquentation de ces espaces sensibles, mais tellement attirants !

 

Quelles concrétisations pour un partenariat durable ?

La convention de partenariat entre nos deux Réserves de biosphère a été rédigée en France et signée dans le delta du Danube le 11 octobre dernier, en présence de nos deux autorités nationales. Si les projets européens communs ne manquent pas, il apparait nécessaire de comparer nos modes de gouvernance et l’implication de nos acteurs locaux respectifs. Cela nous permettra de définir un plan d’action opérationnel tenant compte des spécificités de chacun.
Des actions seront néanmoins engagées dès cette année, en lien notamment avec les festivals organisés sur les territoires et la conservation d’habitats et d’espèces d’intérêt communautaire.
Saluons enfin l’appui financier de la fondation Veolia, car les ressources sont souvent très limitées sur les projets de coopération internationale.