Tribune à... Didier Babin, président du MAB France
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La tribune à Didier Babin, président du MAB France.
Comme je l’ai annoncé lors de précédentes réunions et au Conseil d’Administration, j’ai décidé de ne pas me représenter lors
de la prochaine Assemblée Générale de notre association MAB France au poste de président en mars 2026. Je garderai pour le moment la responsabilité de représenter la France au Conseil International de Coordination du programme à l’UNESCO et j’ai bien l’intention de rester très investi au sein de notre réseau mais sans doute en réorientant mon activité. Je soutiendrai aussi autant que possible la nouvelle équipe élue.
En acceptant en 2014 de rejoindre le réseau français des Réserves de biosphère à la suite de Robert Barbault je ne savais pas trop à quoi je m’engageais... Je connaissais ce programme depuis mon époque estudiantine du milieu des années 1980, par ses ouvrages scientifiques à la couverture blanche sur les grands biomes mondiaux, par l’enthousiasme inconditionnel de Robert et de certaines de ses figures marquantes parfois moustachues (son éternel complice Jacques Weber bien sûr), et d’une mission de formation pour le réseau AfriMAB dans la Réserve de biosphère de la Pendjari avec notamment Michel Etienne, Meriem Bouamrane en 2000, notre hôte Tiomoko Djafarou et la faune burkinabée. Franchement je ne pensais pas que ces moments au sein de ce réseau seraient aussi enrichissants et attachants. L’accueil que j’y ai reçu a été très bienveillant pendant ma phase d’apprentissage (j’avoue que je n’y connaissais rien ou pas grand-chose !) sous les ailes de Catherine Cibien, Martine Atramentowicz, Mireille Jardin notamment et de bien d’autres même s’il a fallu très vite transformer notre structure en association loi 1901 pour quitter la CNFU de l’époque avec le soutien de nos Ministères. J’imaginais ne rester qu’un an ou deux… L’aventure s’est donc prolongée et je remercie mon établissement le CIRAD, qui est membre de l’association, de m’avoir permis toutes ces années de pouvoir m’y investir sans restriction au fil des besoins. Je suis arrivé au moment de la négociation de la nouvelle Stratégie de Lima qui ne m’enthousiasmait pas et aussitôt je me suis, un peu inconsciemment, présenté à la présidence du Conseil International de Coordination au moment de la mise en œuvre de la stratégie de sortie… que nous avons collectivement réorientée fort heureusement vers un processus plus positif d’excellence et d’amélioration de la qualité du Réseau mondial… travail qui reste bien entendu à poursuivre en continu. Cet épisode a été à la fois éprouvant et très riche d’enseignements. Il m’a conduit à poursuivre mon investissement au niveau des négociations internationales, d’établir des liens parfois exigeants envers le Secrétariat du programme à l’UNESCO mais toujours dans le but de mieux faire connaître et apprécier l’apport des Réserves de biosphère à l’échelle des territoires. Ces deux dernières années ont aussi été marquées par la rédaction du plan d’action stratégique de Hangzhou 2026-2035 qui, je l’espère, marquera un renouveau de la vocation scientifique de notre programme MAB. Ces presque 12 années ont aussi été marquées par l’augmentation constante du nombre de Réserves de biosphère en France et des candidatures nombreuses et diverses pour de futures désignations qui soulignent la modernité de cet instrument et ainsi sa flexibilité. Elles m’ont permis de découvrir et de rencontrer chacun des territoires merveilleux qui nous et vous animent, des élus, des gestionnaires, des scientifiques, des éco-acteurs, des lauréats des trophées, des habitants, des étudiants, des jeunes… tous portés par des valeurs et un projet communs, et surtout un attachement et une fierté pour LEUR territoire. J’ai vu aussi évoluer et grandir l’équipe qui fait vivre et prospérer ce réseau, ses directions, ses bureaux et ses conseils d’administration, en essayant de l’accompagner au mieux y compris lorsqu’il a fallu que je prenne des décisions difficiles ces derniers temps. J’espère que les orientations prises, les collaborations et les partenariats que nous avons établis permettront de poursuivre notre aventure avec encore plus de force et de sérénité.
Ma décision de laisser la présidence est surtout motivée par l’envie de rester mobilisé (MABilisé dirait Alice !) par cette formidable utopie réaliste en m’y investissant autrement.
Les temps actuels et peut-être encore plus les temps à venir nécessitent que nous poursuivions et amplifions encore notre travail au service de l’Homme et de la biosphère, pour nous-même et bien entendu pour les générations à venir auxquelles je me consacrerai de plus en plus.
Je tiens donc à vous remercier toutes et tous très sincèrement pour ce merveilleux voyage qui ne fait que commencer j’espère.