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La tribune à Anne-Caroline Prévot, présidente du MAB France. 

Bonjour à toutes et tous

C’est avec une certaine émotion que je rédige ma première tribune en tant que nouvelle présidente du MAB France, élue fin mars 2026 en remplacement de Didier Babin (Didier n’est pas bien loin, il reste représentant de la France pour le programme MAB à l’UNESCO).

Tous les membres actifs du MAB France me connaissent maintenant je pense, mais pour les autres, je me présente brièvement : je suis chercheuse au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, au laboratoire CESCO ; je suis écologue de formation et travaille depuis plus de 15 ans à l’interface avec les sciences humaines et sociales (surtout la psychologie de la conservation) pour comprendre et encourager les expériences de nature sous toutes leurs formes et comme une des voies pour remettre la nature et les relations que nous avons avec elle dans ce qui fait sens commun pour nos sociétés. Je suis aussi une femme, de presque 55 ans, mère de quatre enfants adultes, urbaine néo-rurale qui aime lire des romans, faire du yoga, apprendre à faucher et randonner (entre autres !).

Je suis vraiment enchantée de retrouver le MAB, ce réseau national et international de Réserves de biosphère, animé par des personnes engagées et des scientifiques qui se retrouvent dans une utopie commune (que je définis comme l’objectif encore non atteint d’un futur positif). Cette vision a été rappelée au Congrès mondial du MAB à Hangzhou (Chine) à l’automne 2025, que j’ai envie de rappeler ici car elle me semble être un phare important en ces périodes de doutes : « Notre vision est celle d’un monde où nous, êtres humains, assumons la compréhension collective de notre avenir commun sur une planète finie et reconnaissons notre interdépendance avec toutes les formes de vie, humaine et autres. Les individus et les communautés collaborent de manière responsable pour créer des sociétés saines, pacifiques et prospères qui vivent en harmonie avec la nature, en mettant l’accent sur la justice intra et intergénérationnelle et sur la solidarité sociale et écologique. La réalisation de cette vision nécessite des changements transformateurs, notamment une profonde remise en question de la relation de l’humanité avec le monde naturel, où les humains sont partie intégrante de celle-ci. »

Mon arrivée à la présidence s’articule avec la prise de fonction en début d’année d’Alice Roth comme directrice d’une équipe de cinq salarié.es qui anime le MAB France et ses 18 Réserves de biosphère, ainsi que le programme LIFE Biospher’Adapt. Avec l’équipe et vous tous et toutes, nous allons travailler en interne pour renforcer la force et le positionnement du MAB France dans un contexte environnemental, politique, social et économique contraint et anxiogène. Comme si bien rappelé dans la vision de Hangzhou, les transitions écologiques ne pourront pas se faire sans intégrer la solidarité, la justice sociale et l’inclusivité : j’aimerais pouvoir aider le MAB France à intégrer ces enjeux sociaux au cœur de ses réflexions, en plus et avec la protection de la biodiversité. Enfin, et parce que je revendique le fait d’être chercheuse, j’espère pouvoir aider chaque Réserve de biosphère à assumer un « penser-chercheur » dans son quotidien : en utilisant comme ancrages les résultats scientifiques stabilisés en écologie et en sciences sociales, mais aussi en expérimentant, en prenant des risques, en partageant ses résultats et ses doutes, et en s’enrichissant de la diversité des paysages, des savoirs et des cultures présentes sur son territoire et dans le Réseau mondial du programme MAB.

Dans l’attente de prochains échanges, je souhaite un bon été à vous toutes et tous. 

Anne-Caroline

Juillet - 2026