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Elevage et biodiversité
ImprimerL'élevage est à l'origine d'une grande diversité de races domestiques et de produits typiques, et a une grande capacité d'entretien de vastes surfaces d'espaces naturels. Il peut ainsi participer au maintien de prairies humides, de pelouses sèches ou de prairires d'altitude. Il peut aussi être efficace dans la prévention des incendies de forêt. Le MAB France encourage donc le développement d'activités d'élevage basées sur la conservation de races locales, sur l'élaboration de produits issus d'un savoir-faire spécifique, et sur des pratiques favorables à l'amélioration de l'environnement.
Les mesures agri-environnementales en Luberon Lure
Lors de son examen périodique en 2008, la Réserve de biosphère de Luberon-Lure a réaffirmé sa volonté de participer à la mise en place du réseau Natura 2000, afin de mieux protéger et gérer la biodiversité. Elle est à la fois opérateur et animateur de 9 sites qui couvrent une superficie d’environ 54 000 ha. Les principales actions concernent le maintien par le pastoralisme (8 contrats sur plus de 770 ha) ou la restauration des milieux ouverts et semi-ouverts (7 contrats pour 48 ha de pelouse créés).
Le cahier des charges de ces travaux prend en compte les exigences écologiques de ces milieux sensibles : calendrier des travaux en dehors des périodes de reproduction et de floraison, sélection des espèces débroussaillées, utilisation de méthodes ne perturbant pas le sol… comme les exigences liées à l’utilisation pastorale : espaces suffisamment larges pour le retournement du troupeau, sentiers sans goulot d’étranglement… Plusieurs types de travaux sont ainsi combinés : débroussaillement en plein, pour ouvrir ou rouvrir des sentiers en vue de faciliter la circulation des troupeaux ; débroussaillement « alvéolaire », pour conserver pour des éléments paysagers forts et des refuges pour la faune ; brûlage dirigé pour limiter les rejets de chêne et de buis.
Sur les parcelles dites agricoles, des mesures similaires ont été mise en place pour conserver certains types de prairies et des linéaires boisés, ou pour réduire l'utilisation de produits phytosanitaires.
L'élevage ovin et le maintien des milieux ouverts en Cévennes
Sur le Causse Méjan, dans la Réserve de biosphère des Cévennes, de profonds changements dans l'utilisation des terres au cours des 30 dernières années ont mis en péril les principaux enjeux de biodiversité. Les reboisements de pin noir implantés dans les années 1970 grâce à l'aide du Fonds Forestier National, l'intensification des cultures dans les dolines et les contraintes imposées à l'élevage ovin laitier par la Société Roquefort ont fortement réduit la pression pastorale sur les parcours.
Depuis les années 2000, les pins sont devenus fertiles et colonisent spontanément ces parcours et mettent en danger l'Œdicnème criard ou l'Adonis printanier. L'utilisation du broyeur de cailloux pour remettre en culture des espaces laissés à l'abandon a détruit des zones à Sedum, habitat indispensable au bon développement des chenilles du papillon Apollon et a mit un terme à l'apport régulier de pierre sur les clapas, ces tas de cailloux où les chouettes chevêches ont choisi de nicher faute de vieux arbres à portée d'aile.
Une démarche de recherche participative a été mise en place depuis 2000, à l'initiative d'un membre du comité MAB France, pour faciliter la concertation entre les différentes parties prenantes (éleveurs, forestiers, naturalistes) et définir une stratégie commune permettant de concilier activités économiques et conservation de la biodiversité. La démarche a suscité une prise de conscience de l'ensemble des acteurs qui se sont mobilisés collectivement pour mettre en place un Plan Local d'Aménagement Concerté, et mettre en œuvre des actions concrètes permettant de limiter les zones en cours d'enrésinement et de réduire les surfaces défrichées ; 38 contrats ont été signés entre le Parc national et les éleveurs.
La gestion écologique des friches dans les Vosges du Nord
Les fonds de vallée des Vosges du Nord ont pendant longtemps été le seul espace non forestier grâce à la fauche régulière des prairies humides pour approvisionner en foin des vaches maintenues en étable. L'abandon de cette activité a laissé la place à la friche et à l'envahissement par les arbres de rivière.
Face au refus de la population de voir leur paysage "se fermer" ou "se salir", la Réserve de biosphère a proposé de remplacer la fauche par du pâturage. Elle a mis en place une réflexion collective pour trouver un mode de gestion extensif, une technique respectueuse de l’environnement tout en garantissant une certaine viabilité économique. Une race bovine rustique résistant aux conditions climatiques, valorisant les milieux humides et capable de se reproduire a été choisie : la vache écossaise ou highland cattle.
Chaque fois qu'une commune se porte volontaire, un projet d'installation d'un parc pâturé est monté entre la collectivité locale qui gère la maîtrise du foncier, l’aménagement du site, la surveillance et le nourrissage éventuel des animaux, alors que la Réserve de biosphère coordonne l’opération, met à disposition les animaux, prend en charge la gestion du troupeau, valorise la viande produite et communique sur la gestion écologique des friches.
En 2005, 16 sites étaient mis en place dans 9 communes sur environ 110 ha de fonds de vallée avec un troupeau de vaches oscillant entre 120 et 150 animaux.