Gestion forestière et biodiversité

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La gestion des forêts ne doit pas se contenter d'assurer une production soutenue de bois, elle doit aussi éviter de dégrader la biodiversité, voire favoriser le maintien de certains habitats particuliers. Elle doit enfin permettre de conserver un pool génétique suffisamment diversifié et les variétés d'arbres les mieux adaptées aux caractéristiques socio-écologiques de la Réserve de biosphère. Le MAB France encourage les actions visant à trouver des modalités originales de gestion des forêts.

Les trames de vieux bois

Des chercheurs, gestionnaires de Réserves de biosphère et des forestiers encouragent la création de réseaux de parcelles forestières que l'on laisse évoluer librement. Les forêts gérées présentent en effet peu d’arbres âgés et de bois mort, dont la biodiversité est particulière (champignons, bactéries, insectes). Les politiques en faveur de la biodiversité exigent le maintien de ces stades matures, nécessitant de laisser une partie de la forêt sans intervention.

Réserves biologiques intégrales, îlots de vieillissement et îlots de sénescence sont des parcelles sur lesquelles les travaux sont interrompus ou interviennent plus tardivement que dans des parcelles gérées. Elles sont généralement de petite taille. Aussi, il est fondamental de réfléchir à leur disposition en réseau, à l’existence de trames de vieux bois.

L’ONF a donné des instructions pour l’établissement d’îlots de sénescence en forêt publique. Toutes les Réserves de biosphère forestières ont établi des réserves biologiques intégrales ou mis en place des réseaux d’îlots de sénescence. Le plus abouti est certainement celui des Cévennes, qui couvre environ 10 % du cœur de la Réserve de biosphère et qui a été établi dans le cadre d’un partenariat ONF / Parc National dans tous les types de forêts.

De nombreuses questions demeurent  notamment pour mesurer leur « efficacité » en terme de conservation de la biodiversité. Les recherches et leur suivi scientifique sur le long terme doivent donc être renforcées.

Périmètres de quiétude pour les rapaces

Circaete Jean le Blanc. Crédit J.P. MalafosseLes rapaces sont particulièrement sensibles aux perturbations pendant la période de reproduction. Sa réussite et, en conséquence, le devenir des populations reposent donc en grande partie sur la quiétude autour de l'aire. Dans les Cévennes, les sites de nidification de 7 espèces sont repérés systématiquement en vue de la mise en place de périmètres de quiétude : Aigle royal, Circaète Jean-le-blanc, Faucon pèlerin, Hibou grand-duc, Vautours fauve, moine et percnoptère.

Le repérage a lieu entre hiver et printemps, à la faveur des comportements liés à la formation de couples (vols de parades), à la défense du territoire ou au rechargement des aires (transport de matériaux). Les sites déjà connus sont suivis pour confirmer, année après année, leur fréquentation par le couple et le déroulement de la reproduction.

Une fois un site identifié et son occupation par un couple reproducteur confirmée, la délimitation du périmètre de quiétude se fait de façon concertée entre le Parc / Réserve de biosphère et les propriétaires et gestionnaires forestiers. Ceux ci s'engagent à adapter la période de réalisation des divers travaux afin de ne pas perturber la reproduction.

Une base de données comprend l'historique de la reproduction des couples, de la localisation des périmètres de quiétude et des démarches réalisées entre les gestionnaires et le parc réserve de biosphère.
Ces mesures pourraient être étendues à deux autres espèces : Chouette de Tengmalm, Autour des palombes...