Agriculture et environnement

Imprimer

L'intensification de la production agricole a, depuis une trentaine d'années, fortement impacté les terres agricoles et les bassins versants associés. Le ruissellement érosif, l'accumulation de pesticides, la surconsommation d'eau, les excédents de fertilisants sont les maux les plus couramment cités. Mais l'agriculture a aussi une énorme capacité de création ou de sélection d'espèces ou de variétés indispensables à l'alimentation de l'humanité, et de mise au point de pratiques favorisant un meilleur fonctionnement écologique des cultures et des sols agricoles. Le MAB France encourage donc le développement de pratiques agricoles économes en intrants, favorisant la biodiversité domestique et génétique et créant des habitats favorables à des espèces inféodées aux espaces cultivés.

Culture Cresson

Etudiants et enseignants de l'équipe Design de l’ENSAAMA se sont mobilisés pour répondre à la commande des gestionnaires de la Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais relative à la cressiculture. Leur travail a concerné deux grands types d’enjeux. Le premier vise à améliorer les conditions de travail des cressiculteurs, à réduire la pénibilité des tâches tout en maintenant le facteur humain et la pratique de l’agriculteur : cela implique de travailler à l’ergonomie des postures, des gestes, à améliorer le confort du récoltant, optimiser les outils, voire mécaniser pour aider et non remplacer l’homme. Le deuxième enjeu concerne l’image du cresson à redynamiser et la relance de sa consommation en sensibilisant le public aux bienfaits du produit et à ses saveurs.
Plusieurs équipements nouveaux, inédits ont été conçus, dont l’utilité est de réduire la pénibilité des tâches et l’impact de conditions de travail souvent rudes, en extérieur, dans un milieu humide.
Un espace de vente spécialisé « cresson » a par ailleurs été conçu pour la grande surface, donnant la primauté à la botte « fraîcheur ». Il est assorti d’un espace de communication autour des produits dérivés à base de cresson, de la soupe veloutée, à l’huile ou à la crème en valorisant ainsi une diversification possible des débouchés, l’idée étant de créer une identité « cresson ».

En savoir plus

Une chouette dans les vergers des Vosges du Nord 

Vergers en Vosges du NordLes vergers traditionnels qui forment une ceinture autour des villages et participent à la diversité et à la qualité des paysages sont en pleine mutation : tempête de décembre 1999, changements d’habitude de la population, remplacement des hautes tiges par des basses ou demi-tiges, changement d’usage des terrains…

Ces vergers constituent un habitat de choix pour la chouette chevêche, rapace nocturne en régression en Europe et dans de nombreuses régions françaises. C'est pourquoi la Réserve de biosphère mène avec succès depuis plusieurs années des actions visant à aider les collectivités à maintenir et relancer les vergers traditionnels et à stimuler la demande en produits dérivés.

Le Festival Verger, devenu ensuite les Rendez-vous du verger, est organisé tous les deux ans. Il vise à sensibiliser le grand public à l'intérêt de conserver les vergers traditionnels, de conforter le réseau des acteurs liés aux arbres fruitiers (propriétaires, arboriculteurs, apiculteurs, producteurs de jus, naturalistes, etc) et de faire émerger des partenariats pour la survie des vergers de grands arbres.

Ces manifestations ont débouché sur la mise en place d’un programme intercommunal de plantation et d’entretien de vergers, et sur la signature de Contrats d’Agriculture Durable spécifiquement adaptés à la relance de ce type d'arboriculture, et à la valorisation de ses produits. Il reste à évaluer l'impact de ces mesures sur la population des chevêches mais aussi des torcols et des pies grièches à tête rousse et grise. Voir la plaquette

Des messicoles dans le Luberon

Parc Naturel Régional du LuberonLa biodiversité des plantes « messicoles », adventices de cultures (comme les bleuets, les nielles ou les adonis), est très menacée par les changements d’usage du sol, l’intensification des pratiques, notamment par les grandes quantités d’intrants, le travail du sol simplifié, l’abandon des assolements. La faune associée, comme certains insectes pollinisateurs des melons et cerises, régresse également.

La Réserve de biosphère du Luberon Lure a mis en place des mesures agri-environnementales spécifiques, en lien avec des organismes scientifiques et agricoles. Il s’agit  d’apporter un appui financier aux agriculteurs dont les pratiques permettent le maintien de ces plantes pour compenser les pertes dues à la diminution des rendements sous l'effet de la concurrence. Plusieurs équipes de chercheurs sont associées à cette action. Elles étudient, en relation avec des agriculteurs, les effets des différents itinéraires techniques sur ces plantes.
En complément, la promotion de productions favorables aux messicoles est organisée. Ainsi, la relance du blé meunier d’Apt contribue à la fois à sauvegarder cette variété ancienne de blé et les plantes associées. La pratique de re semis à partir de semences, souvent pratiquée par les agriculteurs bio, intégrés dans des réseaux d'agriculture paysanne, est aussi favorisée.

La Réserve des Cévennes s’intéresse également de près à cette biodiversité.