Projets de recherche

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Le MAB France encourage les Réserves de biosphère à accueillir des équipes scientifiques qui répondent aux appels à proposition de recherche portant sur les interactions entre activités humaines et dynamique de la biodiversité (Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, Biodiversa, Métaprogramme Ecoserv de l’INRA…), et plus largement développement durable (ADEME, Fondation de France…). Ces projets sont généralement interdisciplinaires. 

CAP-BIOTER, l'écologie territoriale appliquée aux Réserves de biosphère

A l'initiative du Groupe recherche des Réserves de biosphère, une rencontre entre chercheurs  et coordinateurs a fait émerger une question de recherche portant sur l’évolution des paysages et des enjeux socio-économiques dans les Réserves de biosphère, face au changement des pratiques de récolte de bois liées à l’accroissement de la consommation de bois-énergie, dans le contexte de la transition énergétique. 
Un projet de recherche a été élaboré et retenu dans le cadre de l'appel à projet 2015 du programme REACCTIF 3 de l'Ademe.  
CAP-BIOTER, « Capabilité territoriale, biomasse et transition énergétique : l’écologie territoriale appliquée aux Réserves de biosphère » est un  projet pluridisciplinaire qui associe des chercheurs de différentes disciplines : géographes,  économistes,  sociologues, urbanistes et  écologues. Sur une durée de 3 ans, il ambitionne de se développer sur trois Réserves de biosphère françaises : Fontainebleau et Gâtinais, Luberon-Lure et Cévennes. 
Il est coordonné par le laboratoire de recherche en sciences sociales Pacte de l’université Pierre Mendès France – Grenoble 2, et associe  le LADYSS de l'Université Panthéon-Sorbonne, le laboratoire CEFE (CNRS-DR13 - Montpellier) ainsi que le comité Mab-France, et les 3 Réserves de biosphères partenaires d'expérimentation. Lire le résumé

Juliette Cerceau, coordinatrice du projet CAP-Bioter a présenté le projet lors du séminaire international consacré aux "Energies renouvelables et Réserves de biosphère " organisé par la Réserve de biosphère de Bliesgau en Allemagne, du 11 au 13 Septembre 2017.  Lire le compte-rendu

SecoCo: services écosystémiques et action collective

Dans le cadre du métaprogramme Ecoserv de l'INRA, le projet de type "exploratoire" intitulé: "Le concept de services écosystémiques : frein ou moteur pour l'action collective? " associe des chercheurs de l'INRA (Dynafor), du CNRS (CEFE), du Cirad (Green), de l'Université autonome de Barcelone et de l'Université de Toulouse , avec les Réserves de biosphère des Cévennes, en France, et de Monceny en Catalogne.
L'objectif de ce projet est d'explorer la pertinence théorique et opérationnelle du concept de service écosystémique pour penser l'action collective à l'échelle des territoires.

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Observatoire Hommes Milieux « Pays de Bitche »

L’OHM du Pays de Bitche va suivre les effets d’importantes restructurations militaires de cette région des Vosges du Nord où la présence de l’armée impliquait environ 2 500 personnes  (850 enfants scolarisés, environ 30 % du chiffre d’affaires des commerçants et artisans de la ville). 

Souvent envisagés sous l’angle de leur poids socioéconomique, les effets vont être évalués à hauteur de leur impact sur les écosystèmes. La chaîne de déprises s’accompagne d’un recul de l’anthropisation qui semble favorable à une recolonisation végétale et faunistique :  dynamiques naturelles de reconquête des prairies et des champs, recolonisation forestière, ensablement des rivières, développement de friches marécageuses, de plantes invasives, augmentation des tiques, surdensité d’ongulés et retour des grands prédateurs (loup et lynx). Aux yeux d’une grande partie de la population, la nature devient excessivement présente et potentiellement hostile. Les évolutions doivent d’autant plus être interrogées que l’aménagement du territoire a toujours reposé sur l’exploitation et la maîtrise des ressources naturelles (par les industriels et les petits ouvriers- paysans) ainsi que sur le contrôle des espaces (par les militaires).

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Impact des vermifuges sur la biodiversité des sols

La Réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais a entamé en 2011 un travail de recherche sur l'impact des vermifuges donnés aux chevaux sur la biodiversité du sol en forêt de Fontainebleau. La toxicité de certaines molécules est bien documentée, mais le traitement des chevaux est aussi une nécessité pour leur santé. Sur ce territoire qui compte plus de 3000 chevaux, il s’agit de connaître les pratiques d’administration : fréquence, période, molécules administrées... Cette étude doublée d’un état des lieux des coléoptères coprophages permet de mener un travail concerté avec les professionnels de l’activité équestre du territoire, sur des bases scientifiques. L’un des objectifs est d’adapter l’utilisation de ces produits au rythme de vie des insectes coprophages. La Fondation de France soutient cette recherche-action dans le cadre de son programme « Gérons ensemble notre environnement ».

Plus d’information : Anna Echassoux

Quelle vision collective de la gestion de l'eau en Camargue ?

Les démarches participatives sont devenues incontournables dans la mise en place d'aires protégées associant développement local et conservation de la biodiversité. Il est donc important de mesurer l'effet de ces démarches sur le partage d'idées et de représentations et sur la construction d'un schéma mental commun du fonctionnement et de la dynamique des territoires concernés.

Une étude a été menée pour mesurer le niveau de perception et la capacité de représentation de la gestion de l'eau dans la Réserve de biosphère de Camargue (Delta du Rhône) par tous les acteurs concernés de près ou de loin par la ressource en eau. L'échantillon enquêté est constitué d'une dizaine d'acteurs indirects (chercheurs, administration) et d'une trentaine de personnes considérées comme des usagers directs de l'eau (naturalistes, chasseurs, pêcheurs, éleveurs, riziculteurs). Ce dernier groupe est constitué d'une paire d'acteurs pour chaque type d'activité : l'un est membre de la Commission exécutive de l'eau (CEDE), l'autre non.

Les résultats montrent qu'une participation régulière à la CEDE a permis la constitution d'un "modèle mental" plus riche sur les acteurs, les ressources, les processus et les interactions liés à la gestion de l'eau. Ce "modèle mental" peut encore s'enrichir par la mise en place d'approches participatives débouchant sur la co-construction d'une représentation collective de la question de l'eau en Camargue.

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Quand la nature est patrimoine : regards d’habitants sur le Gâtinais Français

La recherche, menée par Anne Sourdril, en lien avec la Réserve de Biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais, visait à comprendre, au travers du prisme de l’ethnologie, l’expertise que les habitants du Gâtinais Français ont de leur territoire, de leur paysage et de sa nature ; expertise qui devrait être considérée au même titre que les expertises naturalistes ou aménagistes des territoires dans le cadre de la mise en place de programme de conservation.

La prise en compte combinée des savoirs des habitants et des savoirs des gestionnaires et des scientifiques et l’ implication concrète des citoyens ont porté sur la mise en place des Trames Vertes et Bleues. La méthode photographique utilisée a permis une approche ludique des savoirs et modes d’appropriation du territoire des habitants, des décideurs locaux et des naturalistes. La recherche est présentée au travers d’une exposition est destinée à un large public : « TRAME(S). Paysages d’habitants révélés par Photovoice », réalisée avec le soutien de la Réserve de biosphère et du CAUE de Seine et Marne.  En savoir plus

Organisation de l'accès aux ressources et biodiversité

La fermeture des milieux ouverts (par abandon ou changement des activités humaines) concerne de nombreuses Réserves de biosphère. Elle s’accompagne de modifications de la biodiversité.
Un projet de recherche visant à développer le dialogue entre chercheurs et gestionnaires à propos de la gestion et de l’évolution de ces milieux, a été développé dans quatre Réserves de biosphère : Iroise, Ventoux, Luberon et Vosges du Nord.

Sur chaque site, une démarche d’animation a conduit à la co-construction de la représentation du fonctionnement des milieux ouverts concernés par le collectif invité. Elle implique des débats sur les ressources de ces milieux, les acteurs concernés, la façon dont ils interagissent à propos de ces ressources, celles-ci évoluant avec le temps et en fonction des pressions auxquelles elles sont soumises. Des équipes interdisciplinaires de chercheurs ont ainsi été confrontées à des gestionnaires.

La gestion des espaces concernés a été modélisée et des scénarios ont été élaborés :

  • en fonction des processus à l’origine de changements majeurs dans les prochaines années
  • en fonction des effets probables de ces changements.

 

Cette démarche fait émerger de nombreuses questions au cours du processus de co-construction. A partir de la simulation de la situation actuelle et des dynamiques auxquelles elle est soumise, il est possible de visualiser les évolutions possibles dans le futur. Les scénarios proposés ont été fortement marqués par le contexte local et par le type de gestionnaire impliqué dans les phases collectives. En mer d’Iroise, c'est l'arrêt ou la modification des pratiques d'élevage qui a été évalué. Dans les Vosges du Nord, c'est la privatisation de la gestion écologique des friches et l'intérêt de l’aulnaie marécageuse qui ont été discutés. Dans le Ventoux, c'est l'incompatibilité entre la conservation des pelouses et la sauvegarde de la sapinière qui a été mise en lumière.

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Avenir de l'élevage en Luberon

Pastoralisme sur le Grand Luberon. Crédit : PNR LuberonCe projet de recherche avait pour objectif de répondre à une question posée par la Réserve de biosphère Luberon-Lure concernant la capacité de l'élevage à participer à la maîtrise de la dynamique des territoires dans les 10 années à venir. Une étude prospective participative reposant sur la modélisation des activités forestières et d'élevage a alors été lancée au sein d’un collectif associant des gestionnaires territoriaux, des agents de services de conseil et des chercheurs.

Le modèle co-construit par ce collectif représente, sur 30 000 ha de la RB du Luberon, la diversité des formes d’élevage ovin présentes sur le territoire (structure des exploitations,  pratiques de conduite des troupeaux) et les principales activités forestières. L'impact de ces activités sur la dynamique du territoire est simulé par les changements dans l'utilisation du sol, les relations entre activités et une série d'indicateurs sur la biodiversité.

Les scénarios prospectifs élaborés par le collectif visaient à tester les formes probables d'élevage et de gestion forestière dans les dix années à venir et leur implication dans l’entretien des espaces naturels. Des hypothèses ont alors été formulées sur les dynamiques de concentration des effectifs, l’équilibre entre ressources fourragères issus d’espaces cultivés ou d'espaces naturels et le choix des types de produits commercialisés.

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